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Le Handicap à Madagascar

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Le Handicap à Madagascar

Celia Rakotondrainy

En quelques chiffres

Ces cinq dernières années de crise politique ont amené les indicateurs de développement sociaux et économiques à grandement décroitre. Le taux de pauvreté est passé de 69% en 2005 à 77% en 2010.

La crise politique qui dure depuis 2009 a engendré de nombreux problèmes telle qu’une visible perte de confiance marquée par un sentiment d’insécurité partagé par la majeure partie de la population : malgré toutes les promesses, les Aides Publiques au Développement ont été divisées par deux entre 2008 et 2012 laissant un manque de financement énorme et un endettement de l’Etat. Tout cela vient à ralentir la globalité des activités économiques poussant les dépenses publiques à diminuer et de ce fait les infrastructures du pays se dégradent rapidement.

En 2012, le tourisme était descendu à des niveaux jamais atteints et est en partie cause de l’appauvrissement de la population d’année en année.

. Depuis 2009, le taux d’enfants scolarisés chute tout comme le taux de réussite aux examens. L’état n’ayant plus de ressources, l’accès à la santé devient elle aussi de plus en plus compliquée : le coût est trop élevé et la couverture trop faible. La dégradation des infrastructures ne facilite pas l’accès des populations rurales à la ville pour bénéficier de soins de première nécessité.

Contexte socio-culturel

Pauvreté, malnutrition, conditions sanitaires précaires, propagation de maladies transmissibles, mauvais suivi des traitements et des grossesses sont des facteurs qui expliquent la prédominance du handicap à Madagascar.

La société entière est donc confrontée à ce problème et ne concerne pas seulement les familles défavorisées touchées. Il s’agit ici d’une société basée sur un système de croyances puissant ce qui ralenti voire bloque toute approche formatrice et instructive concernant l’intégration à part entière d’une personne handicapée au sein de cette société.

Dans une grande majorité du pays le handicap est signe de malédiction ou bien de punition divine ce qui entraine sentiment de honte et rejet de la communauté concernée. Ces personnes vivent alors en se cachant ou en se renfermant totalement sur elles-mêmes et les enfants en sont les premières victimes.

À Madagascar, le problème du handicap est sérieux et touche un nombre conséquent d’habitants, d’enfants et de familles sans ressources. D’après l’OMS, le pays compte aujourd’hui un peu plus de 2 millions de personnes handicapées ce qui représente quasiment 10% de la population.

Handicap : raison d’exclusion scolaire

Malgré que la loi donne droit à l ‘éducation des enfants touchés, la situation reste très critique et le ministère malgache a déclaré que « la situation de handicap est l’une des principales raisons de l’exclusion scolaire à Madagascar ».

L’exclusion scolaire se traduit par de nombreuses discriminations à tous les niveaux de la société : des enfants à la population elle-même en passant par les différents établissements. Il faut ajouter à cela des facteurs externes que ne simplifie pas l’insertion tels que l’insuffisance financière, le trajet jusqu’à l’école, le manque de supports éducatifs (matériel et fournitures scolaires).

À l’école la vie d’un enfant handicapé n’est pas simple car il est sujet à de nombreuses remarques vexantes qui les stigmatisent et les humilient. D’après une enquête effectuée par l’UNICEF en 2013 on compterait 93% des enfants ayant fait face à des moqueries et des pressions physiques comme psychologiques. Ce schéma pousse ces enfants à se reculer de la société, à s’exclure et dece fait ils sortent petit à petit du système éducatif dont chacun devrait pouvoir profiter.

Les institutions sont aussi une source de problèmes concernant l’éducation car plus d’un directeur sur deux affirme que l’inscription de ces derniers dans leur établissement causerait une baisse quant à la performance globale de l’école.

Le handicap étant vu comme une punition pour la grande majorité des parents ce serait une honte d’inscrire leurs enfants en situation de handicap qu’il soit moteur, sensitif, psychique ou intellectuel mais aussi une perte de temps et d’argent.

Ces enfants sont à la fois rejetés par leur famille, leur village et par la société.